Le texte explicatif associé à chacun des quatre critères analysés (A - formalisme, B - matérialité, C - investissement, D - communication) positionne l‘oeuvre de l‘artiste dans l‘histoire de l‘art en rappelant éventuellement les courants artistiques auxquels elle se rattache, ou les noms des artistes illustres s‘étant exprimés dans une approche voisine. A : FORMALISME Le premier critère porte sur le formalisme de l'oeuvre : que voit-on quand on regarde une oeuvre, quel type de formalisation se donne à voir de prime abord ? Est-ce plutôt abstrait, plutôt figuratif, plutôt..., etc (classé du plus "abstrait" au plus "réaliste").?A170 : Abstrait mixte (entre construit géométrique et non construit informel) du "Field Painting" à "l'Expressionnisme Abstrait" ; accaparement de l'espace pictural dans l'accroissement de ses limites "all over" (Mark Rothko, Jackson Pollock, J.P. Riopelle, Joan Michell, Judith Reigl, …). A220 : Abstrait avec signes L'oeuvre globale reste abstraite mais comprend des, ou est faite uniquement de : signes formant des graphies ; avec sens des "Lettristes" (Isidore Isou, Maurice Lemaitre, …) aux "Conceptuels" (Joseph Kossuth, Roman Opalka, …); écriture entre formalisme et communication pure (Ben, On Kawara, Barbara Kruger, ...). A230 : Abstrait avec signes L'oeuvre globale reste abstraite mais comprend des, ou est faite uniquement de : signes devenant symboliques, iconiques passage de la simple graphie au symbolique discursif (Jean Fautrier, Alfred Manessier, Alechinsky, Ch. Dotremont, A.R. Penck, Wenda Gu, ...).
B : MATERIALITE Le second critère porte sur la matérialité de ce qui est donné à voir. S'agit-il de pur concept, de jeu de matières, d'objet détourné etc. (classé du plus "immatériel" au plus "réel") ?B180 : en matérialité matérialité mixte : structurée / non structurée lorsqu'une oeuvre est "structurée" dans sa "non structuration", et inversement (répétitivités de formes, de signes, de matières... Viallat, Toroni, Degottex, Hantaï,...). B230 : en matérialité structurée, combinaisons structurées combine indifféremment lignes, couleurs, matières ou volumes de façon plutôt structurée (Michail Heizer, Anish Kapoor, Miguel Barceló, ...).
C : INVESTISSEMENT CORPS / ESPRIT Le troisième critère porte sur « l'investissement » de l'artiste dans son oeuvre. Avec quel ratio Corps / Esprit, l'artiste s'investit-il dans son oeuvre ? Classé du plus "intellectuel" (p.ex. "l'Art Conceptuel", ...) au plus "physique" (p.ex. le "Body Art", ...). C120 : plus vers l'intellectualité / l'essence, travail intérieur axé plus vers le projectif l'onirisme, la poésie, le lyrisme, l'experience hallucinogène … Pour "projectiver" une intériorité pensée ou rêvée (Henri Michaux, Wols, ...).
D : COMMUNICATION Le quatrième critère porte sur l'aspect « communication » : L'artiste a t-il une volonté délibérée de communiquer à travers ses oeuvres un message quelconque ? (classé du plus "spiritualiste" au plus "sociétal"). D115 : via le signifié en narrations ou symboliques diverses qu'elles soient allégoriques, métaphoriques (les matériaux de J. Beuys, ...), analytiques (les "suites de Fibonacci" de Mario Merz, ou celles de Robert Filliou, ...), critiques (de Henri Cueco à Hans Haacke ou Guillaume Bijl, ...). D130 : via le signifiant en partant du principe que les travaux sur les signifiants forment en eux-même un discours assumé (par exemple: "les châssis" de Daniel Dezeuze, etc., etc., ...) par ses variations de réalisation : - sérialité, multiplication (Claude Viallat, Niele Toroni, "figurines" de Antony Gormley, ...). - accumulation, compression (J. Chamberlain, Arman, César, ...). - subtilités, variabilité des matériaux ("les blancs" de Rober Ryman ; les dissolutions de "matière / vie" comme chez Roman Opalka ou chez On Kawara, ...). PICHON Eric http://ericpichon.livegalerie.com |